07/07/2007 - L’Asso des Artistes Passeurs

Le 7 juillet 2007 je créais l’Asso des Artistes Passeurs, avec comme objectif d’apporter aux enfants tout ce que je savais. Je ne savais pas encore que je créais tout un métier. Et je n’osais pas parler d’inconscient, de bien-être, de tous ces mots qui étaient encore ultra tabous, je ne les connaissais que parce que j’étais abonnée aux newsletters sur le bonheur des américains. A l’époque, c’était juste des petites vidéos que je réalisais avec les enfants avec pour seul objectif de leur offrir la joie d’avoir créer quelque chose ensemble, mais tout de même sous couvert d’un Dispositif des Artistes Passeurs. On devait leur laisser la liberté de créer absolument tout ce qu’ils voulaient à partir d’un bouquin que le prof choisissais tout de même. J’avais choisi la vidéo parce qu’elle couvre tous les métiers, techniques, artistiques, scientifiques, etc… et si ce n’est pour faire le film, ça peut toujours être le sujet du film. J’avais appelé cette activité Vivre le Livre :o)

On devait les laisser écrire le scénario ensemble comme ils le voulaient, par petits groupes. Chaque groupe rajoutait des éléments sur la partie des autres groupes. Et quand ce n’était pas possible de l’écrire, le jouer. Ca a fait flipper bien des adultes ça :o)

– Mais comment tu vas faire si c’est pas logique, si ça donne rien ???

Je leur ai promis à tous que si jamais le scénario n’était pas ok, j’y rajouterai ce qu’il faut pour qu’il le soit. Mais au final, je n’ai jamais eu à le faire !

Puis, nous passions à la phase de la préparation du tournage.  Les enfants pouvait durant un mois aller d’un atelier à l’autre pour choisir ce qu’ils préféraient. En général, ça ne prenait pas autant de temps, les enfants savent ce qu’ils aiment faire. Mais pas tous. Certains aiment tout et d’autres rien. Mais ils ont pu découvrir ici ce qu’ils préfèrent vraiment.

Puis j’organisais une journée entière de tournage, et faisais le montage en leur montrant les étapes, mais c’était uniquement parce qu’il n’y avait pas assez d’ordis dans les écoles à l’époque pour qu’ils le fassent eux-mêmes.

Et vraiment, ce qui m’importait le plus, c’était de parvenir à la joie d’avoir créé quelque chose ensemble. Et pour ça, il fallait leur laisser une liberté entière, ce qui est rarement le cas dans une école,  et les observer attentivement, pour dénicher les timides et les réfractaires, pour tout en douceur, les amener à se concentrer vraiment sur eux.

Et voilà comment tout un métier est né ! J’ai compris bien plus tard que ce que j’essayais de leur transmettre, c’était simplement la manière dont nos inconscients fonctionnent à travers ma créativité.