Paris, le 9 octobre 2008
J’attendais à l’accueil de la maison Gallimard. Je n’avais toujours pas décidé. Qui rencontrera Daniel Pennac ? Je suis une (re)lectrice assidue depuis l’âge de dix-sept ans, cet auteur m’a en quelque sorte éduquée, appris à aimer lire et écrire, offert des moments de vie inoubliables en compagnie d’enfants, de Kamo, d’Afrique… Et c’était une première rencontre. Mais dans un contexte bien différent.
Lectrice, c’est évident, je me serais volontiers simplement assise pour l’écouter le temps qu’il lui faudrait pour raconter ce qu’il aurait eu à raconter.
En position de journaliste, une première également, la première dans le webzine culturel des Artistes Passeurs, la première pour moi de même, je me sentais a priori poussée à poser des questions.
Je suis nulle en questions. Je comprends mieux en laissant parler assez longtemps pour avoir matière à faire les liens nécessaires. D’aucun penseront-ils que c’est une belle perte de temps ? J’ai toujours l’impression, moi, que les questions enferment les réponses dans un tout petit réduit.
Je n’avais toujours pas décidé, lorsque j’ai entendu :
- Où qu’elle est ?
C’était signé. Je me suis levée.
- Elle arrive. Elle arrive.
Une fois pour la lectrice. Une pour la journaliste en herbe.
Le reste reste flou dans ma mémoire. J’étais impressionnée par tout ce qu’il inspirait. Les bouquins m’avaient déjà inspirée comme à l’infini, mais Pennac, en soi, c’est déjà pareil. Surprenant, impressionnant, et finalement simplement logique.
J’ai bafouillé une question qui n’en est pas plus une qu’un "Je vous écoute", et très vite, je m’en rappelle, il a parlé comme on raconte, et j’ai été happée dans le même univers, le sien, bel et bien sien.
Il me semble l’avoir lu dire quelque part que l’auteur n’est pas même l’ombre de son œuvre. Avec d’autres mots que j’ai compris ainsi.
N’empêche que je l’ai effectivement reconnu. A sa première phrase. Avant même de l’avoir vu.
Et jusqu’à la dernière.
- Vous l’aurez remarqué, j’avais jamais eu à faire à ce genre d’affaires, paniquais-je de l’approbation ou non du pédago.
- Vous vous en êtes très bien sortie, et il a souri, Pédagoguenard à souhait.
…
Hé… Je sais pas. Mais ça fait plaisir. Décidément, Pennac, c’est mon préféré d’entre les Pédagoguenards*, et j’ai l’immense joie de vous offrir un moment en sa compagnie !
*Pédagolem, péagoguenard, pédagogo… quelques mots-valises de Yak Rivais.